top of page

Atteindre le sommet… et rester en altitude

  • Photo du rédacteur: Sophie FAURA
    Sophie FAURA
  • il y a 2 jours
  • 3 min de lecture

Atteindre le sommet. L’expression est partout : dans le sport de haut niveau, dans les études exigeantes, dans le monde du management. Elle évoque la réussite, la performance, la reconnaissance. Pourtant, une réalité plus silencieuse s’impose à tous ceux qui ont déjà « gagné » : le sommet n’est pas une fin, mais un passage.


En tant que préparateur mental, je constate un paradoxe récurrent : ce ne sont pas toujours l’échec ou la chute qui déstabilisent le plus… mais la réussite elle-même. Atteindre un objectif ambitieux oblige à répondre à une question rarement anticipée : qui suis-je quand j’ai prouvé que j’en étais capable ?



🟣 Pourquoi tant de sportifs et d’étudiants chutent après une grande réussite ?


👉 Un match référence.

👉 Un concours blanc brillamment réussi.

👉 Une promotion longtemps espérée.


Sur le papier, tout est là. Les compétences ont été démontrées, la légitimité acquise. Et pourtant, chez de nombreux sportifs, étudiants ou jeunes managers, on observe une baisse de régime, une démotivation diffuse, parfois une véritable chute de performance.


Ce phénomène s’explique par plusieurs mécanismes mentaux puissants :


  • Confusion entre objectif et identité : Quand toute l’énergie est investie dans un but précis, il devient un pilier identitaire. Une fois atteint, un vide apparaît. Sans nouvel horizon clair, le cerveau perd son point d’ancrage.


  • La chute de tension inconsciente : La préparation d’un concours blanc ou d’un match décisif crée une structure : routines, échéances, pression stimulante. Une fois la réussite actée, cette tension disparaît brutalement. Or, sans cadre interne solide, la motivation s’érode et génère une démotivation, souvent, inconsciente.


  • La peur silencieuse de ne pas pouvoir refaire aussi bien. La réussite expose. Elle place sous le regard des autres et de soi-même. Certains préfèrent inconsciemment baisser d’intensité plutôt que risquer de ne pas confirmer.


Atteindre le sommet révèle une vérité simple : la performance ne se maintient pas avec les mêmes leviers que ceux qui ont permis de l’atteindre.



🟣 Le vrai test de la résilience : l’échec… ou la réussite répétée ?


On associe souvent la résilience à la capacité de rebondir après un échec. C’est vrai. Mais incomplet. Le véritable test de la solidité mentale se joue ailleurs : dans la capacité à rester engagé quand la victoire devient normale.


👉 Quand gagner n’est plus exceptionnel.

👉 Quand réussir ne déclenche plus d’adrénaline.

👉 Quand les efforts ne sont plus applaudis, mais attendus.


C’est là que beaucoup décrochent.


Pourquoi ?


Parce que l’engagement durable repose moins sur la récompense que sur le sens. Les profils qui tiennent dans le temps ne sont pas ceux qui cherchent sans cesse à prouver, mais ceux qui ont clarifié " pour QUOI" ils avancent.


En préparation mentale, nous travaillons alors sur :

  • l’évolution des objectifs (processus plutôt que résultat),

  • la redéfinition de la réussite (progression, maîtrise, contribution),

  • la capacité à se relier à une intention plus large que la performance immédiate.


La résilience, ce n’est pas seulement se relever. C’est continuer à choisir l’exigence quand plus rien ne l’impose de l’extérieur.


🟣 Qui est un manager quand il n’a plus rien à prouver… mais tout à maintenir ?


Dans le monde du management, cette question est centrale. Un manager en début de carrière doit convaincre, affirmer sa légitimité, faire ses preuves. Mais une fois cette étape franchie, un nouveau défi émerge, souvent sous-estimé : tenir la posture dans la durée.


Quand il n’y a plus rien à prouver :

  • la tentation du relâchement guette,

  • la fatigue décisionnelle s’installe,

  • la cohérence personnelle devient plus visible que jamais.


Le manager expérimenté n’est plus jugé sur ses résultats ponctuels, mais sur sa capacité à :

  • maintenir un cap,

  • incarner une stabilité émotionnelle,

  • réguler son énergie et celle de son équipe.


À ce niveau, la performance devient intérieure. C’est la qualité de présence, la clarté d’intention et la cohérence entre discours et actions qui font la différence. Un leader solide est celui qui continue à travailler sur lui-même quand plus personne ne le lui demande.


🟣 Atteindre le sommet n’est pas le but. C’est la responsabilité.


Que l’on soit sportif, étudiant ou manager, briguer des objectifs ambitieux est une démarche saine. Cependant, la maturité mentale consiste à comprendre que le sommet n’est pas un trophée, c’est une responsabilité.


👉 Responsabilité de se réinventer.

👉 Responsabilité de ne pas s’endormir sur ses acquis.

👉 Responsabilité d’évoluer sans perdre son ancrage.


La préparation mentale moderne ne vise pas uniquement à « réussir ». Elle vise à durer, s’aligner et transmettre. Le vrai sommet n’est pas celui que l’on atteint une fois. C’est celui que l’on apprend à habiter, jour après jour.







Commentaires


bottom of page